Abdé kéta

B-Boy à suivre. Abdé Kéta, slameur et cinéaste. Lille.

Abdé Kéta

– Présentation:

Je suis Abdé Kéta pour le côté cinéma et Ak pour le slameur, j’ai 27 ans. Je suis intervenant culturel et sportif de formation. J’ai donné des cours de sports dans les écoles primaires et maternelles, j’ai mis en place des ateliers d’expression dans les associations. Après 2 ans de jachère sur mon CV, j’ai cogité sur mon sort et  j’ai décidé de travailler pour mes projets personnels.

 

– Motivation:

J’ai toujours été un cinéphile, j’ai vu les films de banlieues : « Etat des lieux », « La haine », « Rai » « Ma 6-t

va craquer », « Comme un aimant », « Wesh wesh », « L’esquive », et dans cette lignée je voulais faire le mien dans mon quartier et surtout, je ne me suis pas reconnu dans tous ces films.

Et pour le slam, j’ai commencé à écrire mes textes HipHop pendant les cours de français au lycée. J’ai toujours voulu faire de la scène, je suis quelqu’un de posé et le slam correspond tout à fait à mon univers.

 

– Projets :

Je viens de réaliser un premier long métrage, « A ta rencontre ». Ce film dénonce l’handicap social attribué à tort aux jeunes de quartier. L’idée m’est venue quand j’ai aperçu, de loin, mon pote d’enfance, et j’ai eu un flash back. Je n’ai pas eu le courage d’aller vers lui. Alors pas mieux que la fiction pour mettre en scène cette rencontre. J’ai acheté du matos audiovisuel semi-pro et je me suis lancé les yeux fermés. Le film a été programmé au festival du film indépendant de Lille 2006, et Richard Bohringer en est le parrain. J’ai fini l’écriture d’un second film ‘Le cri d’une feuille morte »  et là, je continue de travailler mon album, « L’artifice du superficiel ».

 

– HipHop :

Qu’est ce que le HipHop pour toi ? Le HipHop influence t-il ton travail de cinéaste, si oui comment ?

Le HipHop c’est faire des créations, à l’arrache, revendicatifs et sans calcul dans un système industriel et de consommation. Mais moi, je ne suis pas un revendicatif, mais je suis un contestataire. Pour donner un exemple d’actualité, je n’appelle pas les jeunes à allez voter mais à se rassembler en

associations d’opposition.

Aujourd’hui le HipHop a atteint son objectif de revendication, il a intégré le système, le HipHop a sa radio nationale, ses magazines comme La voix du HipHop 😉 , son passage dans les victoires de la

musique, les rappeurs sont devenu des people, la danse HipHop intègre la Biennale de la danse à Lyon, les culture urbaines sont mises en valeur au Grand Palais par le gouvernement… Le HipHop d’en haut a atteint cet objectif. Maintenant, c’est à ceux qui vivent le HipHop au quotidien dans les quartiers de trouver leur place : les marginaux, les sdf, les rmistes, les chômeurs et tous les discriminés.

Mais moi, je reste HipHop dans ma démarche, je pense avoir les critères du « label origine certifié », je vis dans un pays industrialisé, mes parents sont ouvriers, je vis dans un HLM urbain, j’ai subi la discrimination ethnique et mon film a été réalisé complètement à l’arrache sans scénario sans story bord sans subvention de l’état !

 

Sur le web: www.a-k.fr